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Présentation |
Ce tableau inspiré par la « Piéta » de Villeneuve-lès-Avignon ne représente en rien un engagement politique. Il se veut un constat, pessimiste et quelque peu schématisé, de l’immobilisme éternel dans lequel se maintiennent les religions monothéistes méditerranéennes que sont le judaïsme, l’islam et le christianisme dispensant leur enseignement par l’Ancien Testament, le Coran et le Nouveau Testament.
Trois religions qui ont une origine commune : l’alphabet sémitique à partir duquel se sont développées les écritures hébraïque, arabe et latine. Ainsi écriture et croyance en un seul dieu sont communes à ces trois civilisations.
Le fanatisme, souvent nourri d’obscurantisme conduit à des excès aux conséquences tragiques: violence, famine, mort. L’exode constitue pour les populations un espoir de salut, un salut que leur promet cette même religion mais qui par ses excès même rend leur fuite inutile et les ramène à leur point de départ.
Le tableau se compose de deux structures. La première s’inspire du nombre d’or: le partage en trois parties égales horizontalement et verticalement, avec un « point fort » : le sommet de la montagne. L’autre structure donne deux directions principales: une diagonale de gauche à droite avec un mouvement vers le bas (qui « rabaisse »), une deuxième diagonale de gauche à droite avec un mouvement vers le haut (qui « élève »). A mi-hauteur une courbe évoque une scène de théâtre dont on apercevrait un élément de l’estrade au centre en bas du tableau. Évidemment la pièce qui se joue est tragique. Certains éléments du tableau ont une disposition parallèle à ces deux diagonales (évolution parallèle de ces trois religions).
Les deux personnages centraux s’inscrivent dans un triangle équilatéral (les trois religions) qui s’inscrit lui-même dans un cercle signifiant association, rassemblement, mais aussi limitation de la liberté, de l’initiative et surtout idée d’impasse, de situations sans issue. L’ensemble des personnages du premier plan s’inscrit dans une ellipse qui n’est qu’une enveloppe de cercles. Les attitudes des personnages expriment la passivité, la résignation, le désespoir, l’impuissance. La vierge a été remplacée par un homme. A l’époque de l’égalité des sexes, l’homme est appelé à jouer un nouveau rôle et à sa force physique, il peut joindre sans honte ni scrupule l’expression de ses sentiments, comme par exemple la douleur.
Les couleurs sont symboliques : le bleu pour le judaïsme, le vert pour l’islam, le rouge pour le christianisme. On remarquera que le rouge et le vert sont des couleurs complémentaires. A ces trois couleurs s’ajoutent le blanc et le noir synonymes suivant les civilisations de pureté ou de deuil. Un peu de bleu dans le ciel, car même réduit, l’espoir de salut doit cependant résister.